Comment comprendre le succès de la notion de ville durable, qui a conquis en si peu de temps une unanimité presque universelle ? Si le développement durable apparaît aujourd’hui comme l’un des impératifs d’action favoris des politiques d’aménagement urbain, mettant en avant une série de constats alarmistes (congestions, pollutions, mal-être…) pour défendre la nécessité de redéfinir la ville dans sa forme, son fonctionnement et sa gestion, il a parfois tendance à être utilisé comme un mot d’ordre convenu qui masque l’ambitieux projet visant à lutter contre les déséquilibres planétaires. La confrontation à l’histoire, élaborée à partir d’analyses précises par différents spécialistes qui ont favorisé les approches transversales, donne ici un éclairage neuf et particulièrement stimulant. Dans une perspective durable, n’est-il pas en effet utile — voire nécessaire — de réinterroger l’efficience des pratiques anciennes de l’urbanisme pour penser le futur de nos villes ?
Les contributions rassemblées dans cet ouvrage font suite à un colloque organisé à l’école d’architecture de Lille en 2003. Il s’agissait de favoriser la rencontre et les échanges entre des chercheurs venant de différents horizons (historiens, historiens de l’art, géographes, architectes) et un public diversifié (acteurs du développement durable, architectes, chercheurs, étudiants, public amateur). Le présent volume en constitue un résultat, adapté aux contraintes de l’édition comme aux réflexions issues des débats occasionnés. Les articles sont ainsi regroupés autour de deux principaux axes : « De la ville embellie à l’urbanisme durable » et « Nature, technique et réglementation ».







