Créée en 2012, Ahttep est l’une des six unités de recherche de l’ENSA Paris-La Villette. Elle développe notamment une approche socio-historique de l’architecture, analysant les pratiques et les productions architecturales au prisme de leurs temporalités, de l’édifice au territoire, en lien avec les enjeux contemporains.
Les membres d’Ahttep partagent un socle méthodologique commun fondé sur les outils et les exigences de la démarche historienne. La mobilisation de la distance temporelle constitue un outil heuristique central, y compris pour l’étude de périodes contemporaines, l’architecture invitant à considérer le temps long de sa conception, de sa matérialisation et de sa réception. Cette attention portée aux régimes d’historicité permet d’inscrire les travaux de l’unité de recherche dans une réflexion critique sur les rapports qu’entretiennent les sociétés avec le passé, le présent et le futur.
Les recherches menées au sein d’Ahttep couvrent l’ensemble du champ architectural, de l’objet non construit à l’édifice bâti, de la ville au territoire et au paysage, et s’attachent à explorer dans chacun des cas les processus de mise en œuvre. L’architecture y est interrogée à la fois comme objet, processus et pratique, mais également comme construction intellectuelle, ce qui implique d’observer et d’analyser les jeux d’acteurs, les écrits, les discours, les théories et plus globalement les cadres de pensée qui participent à sa production, à sa légitimation et à sa transmission. Cette attention portée aux formes d’action variées de l’architecture s’inscrit dans une perspective transversale et interdisciplinaire, attentive à l’historiographie dans son ensemble, et, pour certains travaux, aux approches environnementales et postcoloniales.
Le projet scientifique d’Ahttep s’organise autour de trois axes fédérateurs.
Axe 1. Pratiques professionnelles et processus de production
Cet axe rassemble des recherches qui interrogent l’architecture dans la longue durée, en tant que champ à la fois professionnel et intellectuel. Il analyse les pratiques et les productions architecturales depuis la conception jusqu’à la réception, de l’objet non construit à l’édifice bâti, et intègre l’ensemble des dispositifs discursifs — mots, formes d’écriture et récits — qui les accompagnent. Il s’appuie sur différentes approches attentives aux acteurs, aux cultures professionnelles, aux conditions sociales, techniques et politiques de production, ainsi qu’aux régimes d’historicité qui structurent l’architecture, y compris contemporaine.
Axe 2. Les territoires de l’architecture : objets, formes et dynamiques de transformation
Cet axe analyse les formes et les transformations du bâti ainsi que celles de la ville et de ses infrastructures et, plus largement, des milieux habités, en lien avec les contraintes environnementales et les modes d’habiter. Le patrimoine bâti, entendu comme architecture savante et ordinaire, est abordé comme une ressource critique permettant d’interroger les processus d’adaptation et de soutenabilité des territoires face aux mutations sociales et écologiques contemporaines.
Axe 3. Circulations, savoirs et médiations
Cet axe regroupe les travaux consacrés à la circulation des acteurs, des idées, des modèles et des techniques, ainsi qu’à la transmission des savoirs architecturaux, à différentes échelles spatiales et temporelles. Il s’intéresse aux cadres intellectuels et historiographiques qui structurent les discours sur l’architecture, ainsi qu’aux acteurs, aux réseaux et aux dispositifs de médiation - outils de représentation, œuvres écrites, expositions, enseignement -, envisagés comme des lieux de production, de transformation et de diffusion des savoirs.
