Une avant-garde à reculons
Vies posthumes de l’architecture radicale après 1972

2026-02-23T07:52:45Z
Direction de thèse : Catherine Maumi
Discipline : Sciences humaines et humanités nouvelles spécialité Architecture, Urbanisme et Environnement
Université, école doctorale : CNAM, École doctorale Abbé Grégoire
Année d’inscription : 2025
Financeurs : contrat doctoral du ministère de la Culture
Lien theses.fr : s426505

Comment l’architecture radicale est-elle devenue une référence majeure pour l’architecture contemporaine ? Depuis 1972, année de sa disparition, elle fait l’objet d’un grand nombre d’expositions, publications et acquisitions dans quatre institutions culturelles de premier plan : au Centre Pompidou, au FRAC Centre, au MoMA et au DAM. Ce vaste corpus de médiatisations « posthumes » reste, pourtant, largement inexploré par la recherche. Cette thèse s’attache à analyser ces relectures institutionnelles : comment elles ont écrit une histoire, activé des récits, légitimé des figures et donné une nouvelle vie à ces projets critiques et fictionnels. L’architecture radicale n’est donc pas étudiée, ici, comme un mouvement ou une époque, mais comme un objet discursif, réactivé dans des contextes variés pour répondre aux enjeux architecturaux et urbains du présent. En étudiant les dispositifs de médiation mis en œuvre par ces quatre institutions – expositions, collections, publications... –, la recherche interroge leur rôle dans la fabrique et la transmission de la culture architecturale : leur capacité à faire émerger des canons, à construire un récit partagé, à orienter les pratiques comme les regards. En confrontant ces institutions, la recherche adopte une approche internationale et diachronique qui cherche à éclairer les logiques de ces médiatisations. Elle s’appuie sur un corpus d’archives institutionnelles et privées, de sources écrites, d’entretiens, analysés en croisant histoire de l’architecture, socio-histoire des acteurs et des institutions et théorie de la réception. En définitive, il s’agit de comprendre comment un passé, a priori « passé », produit encore des effets dans le champ architectural contemporain – et par quels mécanismes discursifs et institutionnels ce phénomène opère.