Sheltering the Displaced : Housing the ‘Other’ and the Making of the Post-war City
Session du colloque international, European Association of Urban History (EAUH), Barcelone, Espagne, septembre 2026

2026-02-23T16:50:50Z
Chairs. Coordination scientifique et présidence de la session :
Marilena Kourniati, Maître de conférences, Ecole Nationale Supérieure d‘Architecture Paris la Villette, Research Laboratory Ahttep / AUSser 3329-CNRS marilena.kourniati@paris-lavillette.archi.fr
Athina Vitopoulou, Associate Professor, School of Architecture, City_Space_Flux Research Unit, Aristotle University of Thessaloniki avitopoulou@arch.auth.gr https://architecture.web.auth.gr/en/vitopoulou-athina/
Participants
Chiara Maria Pulvirenti (Sapienza University of Rome), UNRRA Camps in Post War Italy, Humanitarian Governance and Temporary Housing, 1944 to 1947.
Maria Anna Kaprara (Architectural Association School of Architecture), UNRRA Strategies in Postwar Greece. Internal Displacement and Rural Sheltering, 1945 to 1947.
Marco Spada (University of Messina), Italian Miners in France, Labour Displacement and Welfare Urbanism, 1947 to 1953.
Noé Demeuré-Rouzin (Université de Paris Sorbonne), Rehousing in Post War Paris, 1945 to 1977.
Boris Pesce (Fondazione istituto piemontese Antonio Gramsci Torino), Istrian Refugees and Migrants in the Turin Vallette Lucento Estates, 1945 to 1980.
Sotiria Alexiadou (University of Thessaly), The Urban Rehabilitation of Neorefugees under UN Mandate in Thessaloniki. 1960s
Tim Verlaan (University of Amsterdam), Postcolonial Migration and the Surinamese Housing Question in 1970s Rotterdam and Amsterdam.
Vaso Trova (University of Thessaly, Nikos Belavilas (National Technical University of Athens), Post Disaster Resettlement Models in Greece, The New Viniani Case, 1966 to 1973.
Frixos Petrou (University of Cyprus), Emergency Housing Estates for Displaced Cypriots after 1974, Architecture, Labour and Social Reproduction.
Ole Lechner (University of Amsterdam), “We Are Not Cattle” Migrants and Boarding Houses in Amsterdam, 1970 to 1985.
Eleftheria Gavriilidou (Aristotle University of Thessaloniki), Ethnoscapes and Social Resilience, Paris and Berlin, 1970 to 2015.
Veronika Sharova (Germany - independent researcher), Late Resettlers in Berlin’s Plattenbau and Heime, Identities and Spatial Memory, 1990-2020ss.
Eleni Koutsouraki (Hellenic Open University), Refugee Squats and Solidarity Networks in Athens after 2015.
Organisateurs :
European Association of Urban History
Marilena Kourniati, Maître de conférences, Ecole Nationale Supérieure d‘Architecture Paris la Villette, Research Laboratory Ahttep / AUSser 3329-CNRS
Athina Vitopoulou, Associate Professor, School of Architecture, City_Space_Flux Research Unit, Aristotle University of Thessaloniki
Mot-clés : Postwar Europe, migration, urban policies, housing models, postcolonial legacies, welfare
Dates : 2-5 septembre 2024

Cette session explore comment les migrations de masse d’après-guerre ont transformé les villes européennes à travers des politiques de logement catégorielles pour migrants. Elle analyse leurs effets sociaux, spatiaux et politiques, entre intégration, ségrégation et reconfiguration urbaine.

Les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale ont été marquées par d’importants bouleversements démographiques à travers l’Europe, en raison des déplacements forcés, de la décolonisation, des migrations de travail et des mouvements des populations rurales vers les centres urbains. Ces flux — souvent activement encouragés par les États pour répondre aux besoins de reconstruction et de modernisation — ont profondément transformé le tissu social et spatial des villes, engendrant des besoins urgents en matière de logement et d’infrastructures.

Les autorités nationales et locales, souvent soutenues par des organisations internationales, ont progressivement mis en œuvre des politiques de logement ciblées à destination de populations catégorisées selon des critères géopolitiques, administratifs ou ethniques. Le logement social, initialement destiné aux classes laborieuses, a été redéfini pour inclure des dispositifs spécifiques tels que les cités de transit, les foyers mono-sexués, les camps, ou encore des hébergements temporaires ou permanents pour les « étrangers ». Ces formes d’hébergement ont institutionnalisé une gestion différenciée des habitants, sans pour autant prendre en compte leurs réalités sociales et culturelles. Façonnés par la circulation de paradigmes architecturaux et urbanistiques — du modernisme à l’urbanisme de l’État-providence — ces modèles de logement ont généré des formes urbaines hybrides ou contestées, et reproduit des logiques ségrégationnistes héritées des systèmes coloniaux, y compris dans les pays sans passé colonial direct.

En réaction, des initiatives citoyennes, municipales ou militantes ont émergé, proposant des alternatives fondées sur la solidarité, ou travaillant à déconstruire les représentations dominantes liées aux formes d’habitat stigmatisées (bidonvilles, foyers, grands ensembles dégradés, camps, etc.).

Cette session propose d’explorer et de comparer les stratégies de logement et les formes d’habitat migrant développées en Europe après 1945, par les États, les villes, les ONG, et, à partir des années 1990, par des réseaux de villes confrontés aux enjeux migratoires. Nous invitons des contributions portant sur les formes d’habitat dédiées aux réfugiés et aux migrants — abris transitoires, camps, logements collectifs, quartiers informels — en portant attention à la circulation des modèles et des politiques, aux inégalités socio-spatiales qu’ils engendrent, et à leur articulation avec les systèmes de protection sociale, les marchés du travail et les idéologies du développement.

Axes d’analyse proposés

  • Continuités et écarts entre logement social et habitat spécifique aux migrants :
    Héritages postcoloniaux, principes de planification, formes et matériaux architecturaux, modes de vie et usages quotidiens.
  • Pluralité des acteurs et des échelles :
    Rôles des autorités nationales et locales, des ONG, des institutions internationales (HCR, Banque mondiale) et des organisations de terrain dans l’institutionnalisation de catégories d’habitat dédiées aux migrants et aux réfugiés.
  • Politiques urbaines et territoriales :
    Intégration (ou non) de ces dispositifs dans les agendas urbains plus larges ; conditions environnementales et vulnérabilités des formes d’habitat spécifiques aux réfugiés et aux migrants.
  • Appropriation, adaptation et résistances :
    Comment les habitants négocient ou transforment leur cadre de vie ; formes de militantisme et rôle des sciences sociales dans la remise en question des stigmates et la transformation des récits dominants.

Nous encourageons tout particulièrement les approches comparatives et multi-scalaires. Cette session entend contribuer aux débats plus larges sur les migrations, les dynamiques de déplacement, les politiques de logement et la reconfiguration des villes dans l’Europe d’après-guerre — en gardant à l’esprit la sensibilité politique actuelle de ces enjeux au sein de la communauté européenne.

Document-joint
(PDF - 735 kio)